Ces géants de la finance qui lâchent Nvidia

À quelques heures de résultats très attendus, plusieurs investisseurs de renom ont pris leurs distances avec Nvidia. De quoi raviver les craintes d’une bulle spéculative autour de l’intelligence artificielle.

Par Guillaume Serries

  • 2 min

nvidia

Les chiffres ne sont pas encore tombés, mais la fébrilité est déjà là. Alors que Nvidia s'apprête à publier ses résultats trimestriels ce mercredi soir, les investisseurs retiennent leur souffle. La performance de ce géant des puces, pilier de l’intelligence artificielle, est devenue un baromètre pour les marchés.

Surtout, ces performances records suffisent-elles à rassurer ceux qui craignent un emballement irrationnel ? Depuis plusieurs semaines, un vent de prudence souffle sur les marchés. Des figures de la finance, jadis séduites par Nvidia, prennent aujourd’hui leurs distances, redoutant l’explosion d’une nouvelle bulle technologique.

Peter Thiel lâche Nvidia et recentre ses investissements

La déflagration est venue de Peter Thiel. Le milliardaire, cofondateur de PayPal et de Palantir, a vendu au troisième trimestre la totalité de ses 537 000 actions Nvidia, soit près de 40 % de la valeur de son fonds Thiel Macro LLC. Une décision qualifiée de « revirement le plus radical de l’année parmi tous les grands investisseurs de la tech » note le média financier TheStreet.

Ce retrait n’est pas un geste isolé. Michael Burry, connu pour avoir anticipé la crise des subprimes, avait parié à la baisse contre Nvidia et Palantir, avant d’annoncer la fermeture de son fonds Scion Capital. Le géant Bridgewater a, lui aussi, réduit son exposition à Nvidia de près des deux tiers. SoftBank la semaine dernière à fait de même.

Au-delà des mouvements d’investisseurs, le spectre d’une bulle inquiète aussi les institutions comme la BCE ou encore Sundar Pichai, le PDG d’Alphabet : « Toutes les entreprises seraient touchées si la bulle de l'IA venait à éclater », a-t-il déclaré mardi à la BBC.

L’ombre d’une survalorisation plane sur le secteur

Le désengagement de Peter Thiel intervient dans un contexte où Nvidia a atteint récemment une valorisation de plus de 5 000 milliards de dollars, devenant temporairement la première capitalisation mondiale. Une performance qui interroge, d’autant que les cinq géants Apple, Nvidia, Microsoft, Alphabet et Amazon représentent à eux seuls près de 30 % du S&P 500.

Peter Thiel lui-même, lors du Festival d’Idées d’Aspen en juillet 2024, s’était étonné qu’une seule entreprise concentre autant de revenus issus de l’intelligence artificielle, qualifiant cela de « très étrange ».

Le modèle économique de Nvidia est en effet de plus en plus contesté. Le groupe investit massivement dans des partenariats croisés avec ses propres clients, comme OpenAI ou Nscale. Un système parfois qualifié de « consanguin » par certains analystes. En septembre, OpenAI a signé un contrat de 100 milliards de dollars avec Nvidia.

La publication des résultats de Nvidia en fin de journée devrait permettre d'y voir un peu plus clair.

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AUTOUR DE ZDNET
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